auto médication 6
Si l’on suit le principe de similitude énoncé par Hahneman, tout peut être préparé sous forme de remède homéopathique. Si la majorité d’entre eux sont des plantes, on trouve aussi : des sels minéraux (Kalium bichromicum), des produits animaux, tels que des venins (Naja, Lachesis), des animaux entiers (Apis mellifica), des hormones humaines (Histaminum), des produits pathologiques humains (Psorinum). Tous ces remèdes sont décrits dans un ouvrage de référence qui est “la Matière Médicale”, même s’il y eut plusieurs ouvrages publiés par différents auteurs, ce sont ceux auxquels se réfèrent les homéopathes lorsqu’ils ont besoin de vérifier les détails des signes d’un remède. En général, la description des signes propres à chaque remède est précédée de sa “pathogénésie” c’est à dire, la description des troubles qu’il provoque chez l’homme sain. On retrouve ici le principe de similitude du départ.
Les dilutions. Hahneman avait posé le principe de donner au malade des doses infimes du remède. Voire infinitésimales, ce qui fait l’argument des détracteurs de la méthode. Lorsqu’on prend un remède homéopathique, il est dénommé par son nom latin, suivi d’un nombre et de lettres CH (ou K, le cas échéant). Exemple : Nux vomica 5CH.
Le nom: ici une plante, la noix vomique.
Le nombre : c’est le chiffre de la dilution suivi de “C” pour centésimale et “H” en honneur du Dr. Hahneman. Il existe des dilutions décimales qui sont donc notées “DH”. On parle de dilutions “hahnemaniennes”.
La méthode de dilution : du produit de base, on extrait par solvant la “teinture-mère. Cette teinture-mère va servir de base aux différentes dilutions. Pour obtenir la première dilution centésimale, on va mettre 1 goutte de teinture-mère dans 99 gouttes de solvant. On obtient la : 1 CH Afin de poursuivre les dilutions, on prendra 1 goutte de ce remède 1CH pour le diluer dans 99 autres gouttes de solvant et obtenir ainsi la : 2CH. on répète le processus autant de fois qu’il est nécessaire jusqu’à obtenir la dilution souhaitée.
La dynamisation : afin de donner plus d’énergie au remède, Hahneman préconisait de le “dynamiser” en le secouant une multitude de fois entre chaque dilution.
En France, ne sont autorisées que les dilutions jusqu’à la 30 CH. On l’a vu, ces dilutions extrèmes, sont l’argument des détracteurs, scientifiques en particulier qui avancent qu’à la 9ème centésimale, on ne peut plus trouver trace du produit original. Ils parlent donc d’effet” placebo”.
Il existe une autre méthode de dilution définie par le Dr. Korsakov qui diffère quelque peu de celle de Hahneman. On procède de la même façon pour obtenir la 1ère dilution centésimale; soit 1 goutte de teinture-mère pour 99 gouttes de solvant. A partir de là, on vide le flacon, on remet 99 gouttes de solvant, considérant que ce qui reste sur les parois suffit à produire alors la 2ème dilution centésimale. Ces dilutions qui vont bien au-delà de la 30 C sont appelées “dilutions korsakoviennes” et sont notées : 30 ou 1000K. Elles sont autorisées dans certains pays européens.
Une fois la dilution souhaitée obtenue, par exemple : Nux Vomica 15 CH, le produit est pulvérisé sur des granules de lactose. Cette application du principe actif à l’extérieur du support explique que les granules ne soient pas en contact avec la peau et l’usage en perlingual (sous la langue) pour une pénétration rapide dans la circulation.
Dans la prochaine page : pourquoi des basses ou des hautes dilutions, la durée d’un traitement et la question de remèdes à risques. A bientôt.