L’OSTEOPATHIE 2
Suite de notre voyage à travers les os et les fascias. Rappel de deux éléments importants :
1) Il s’agit de redonner aux articulations des rapports corrects de façon à retrouver une fonction efficace et non douloureuse.
2) Cette correction passe par la levée des tensions des tissus multiples et différents que nous avons appelés “fascias”, lesquelles sont soit la source du blocage, soit favorisent un nouveau blocage.
A défaut d’être déjà passé dans les mains expertes d’un ostéopathe, beaucoup ont entendu parler des manipulations “qui font craquer”.
Première idée reçue : les manipulations vertébrales. L’Ostéopathie ne se limite pas aux articulations des vertèbres. Même si elle est souvent utilisée pour le mal de dos, toute articulation est susceptible d’avoir des problèmes fonctionnels, qu’elle soit “bloquée” ou non. Donc, toute articulation présentant une dysfonction peut être corrigée par cette technique. Il n’est pas rare qu’un mal de dos persistant, par exemple, trouve son origine dans le problème d’une autre articulation. Le traitement ostéopathique ne se limite donc pas à la colonne vertébrale.
Seconde idée reçue : les manipulations ostéopathiques font “craquer”, avec pour corollaire dans certains esprits : “ça ne marche que si ça craque” ! J’ai envie de crier “faux ! ” pour les deux. Mais ce serait un raccourci assez éloigné de la vérité, et bien peu pédagogique. Il existe en ostéopathie, même si cette explication paraît simpliste, deux formes de techniques.
Les manoeuvres dites structurelles. Manoeuvres directes, manipulations qui consistent à corriger par un geste direct, rapide, la mauvaise position de l’articulation en question. Parfois ces manipulations font entendre un “craquement” qui serait une brusque détente des tissus. La présence de ce craquement n’est en aucun cas la garantie que la manoeuvre a réussi. Croisez vos doigts et faites les craquer, vous n’aurez pas fait une manipulation ostéopathique ! La réussite passe par la meilleure position possible des éléments articulaires “bloqués” et le geste adéquat pour les “débloquer”. Ces manipulation sont d’une grande efficacité, parfois spectaculaires quant au résultat rapide qu’elles entraînent sur la douleur. Un avis tout à fait personnel et celui de mon expérience, ces techniques pour obtenir un résultat durable, doivent être soit précédées, soit suivies d’un travail sur les tissus pour libérer les tensions.
Les techniques appelées fonctionnelles. Elles sont beaucoup moins spectaculaires dans leur réalisation, mais tout aussi efficaces. L’ensemble des gestes effectués, consiste à mettre l’articulation dans sa mauvaise position, agir sur les tissus pour détendre et emmener les éléments articulaires légèrement au-delà de la position de blocage puis aider le corps à faire le reste, à savoir retrouver sa position normale. Une comparaison peu médicale, mais explicite à mon avis : lorsque une vis ou un écrou est difficile à desserrer, il suffit souvent de serrer un peu plus (aller dans le sens du problème) pour qu’il soit ensuite plus facile d’agir dans le sens du déblocage. Ces manoeuvres fonctionnelles ne font pas ou rarement craquer. Elles sont plus douces pour les craintifs, mais n’arrivent pas toujours à convaincre les adeptes du “craquement”.
J’ai usé et bénéficié des deux méthodes avec efficacité et c’est par choix purement personnel que l’ostéopathie fonctionnelle a eu ma préférence.
Prochain sujet : l’Ostéopathie crânienne. A bientôt